Publication du rapport de l'Ineris sur la toxicité des algues vertes

Actualités juridiques

Le 24/08/2009

Suite au décès d'un cheval sur une plage de Saint-Michel-en-Grève dans le département des Côtes d'Armor, le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer a saisi l'Institut national de l'environnement industriel et

Suite au décès d'un cheval sur une plage de Saint-Michel-en-Grève dans le département des Côtes d'Armor, le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (MEEDM) a saisi l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS) en vue de la réalisation d'une étude sur la nocivité des gaz (et plus précisément sur l'émission potentielle de fortes teneurs d'hydrogène sulfuré) émis lors de la putréfaction des algues vertes qui prolifèrent actuellement sur une partie du littoral breton.

Les résultats de cette étude viennent d'être publiés par l'INERIS dans un rapport du 19 août 2009, intitulé « Résultats de mesures ponctuelles des émissions d'hydrogène sulfuré et autres composés gazeux potentiellement toxiques issues de la fermentation d'algues vertes ».

Ces résultats qui font suite à une campagne de mesures réalisées à Saint-Michel-en-Grève le 13 août dernier, mettent très clairement en exergue le fait que la putréfaction des algues vertes génère l'émission de gaz susceptibles de présenter des dangers pour la santé humaine. Le rapport de l'INERIS indique très clairement sur point que « le gaz émis par les sédiments contenant notamment des algues vertes en décomposition pouvait être dangereux et qu'il convient, en conséquence, d'en maîtriser les expositions. Le principal composé mis en évidence, l'hydrogène sulfuré, est toxique par inhalation. A 1.000 ppmv, valeur observée localement sur le site, il peut être mortel en quelques minutes ».

Partant de ce constat, l'INERIS préconise la mise en œuvre des trois séries de mesures suivantes :

  • interdire, à titre conservatoire, l'accès aux zones dans lesquelles les algues vertes sont sujettes à des phénomènes de putréfaction avancée ;
  • équiper de systèmes de détection portables le personnel chargé du ramassage des algues vertes sur les plages ;
  • réaliser une évaluation des risques sur la filière complète du ramassage au traitement des algues vertes.

Suite à la remise de cette étude, François Fillon (Premier ministre) a annoncé, lors d'un déplacement jeudi 20 août 2009 en Bretagne, que « l'Etat allait prendre en charge le nettoyage des plages les plus touchées, celles qui présentent des dangers de santé publique ».

Le Premier ministre a, par ailleurs, annoncé la mise en place « d'une commission interministérielle qui, dans les trois mois qui viennent, va bâtir un plan d'action pour lutter contre la prolifération des algues vertes et pour proposer des solutions efficaces de ramassages et de protection de la population ».

Il a enfin indiqué que « le ramassage en mer allait être expérimenté dès la fin de l'hiver pour éviter des proliférations comme celle de cet été ».




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Mots clés : Professionnels, Particuliers, Droit de l'environnement